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Des émotions du médiateur et de la résonance

Les chroniques d’Interstices Médiation #4

De mon expérience de médiateur, je suis traversée par des émotions. Pas également fortes selon les médiations, selon les champs de médiation (familiale, de ressenti de harcèlement, de discrimination, de conflit au travail, de fratrie en crise…) mais elles sont là.

Elles apparaissent durant la médiation, elles peuvent même perdurer au-delà de la rencontre, engendrer des sentiments à l’égard ou à l’encontre des personnes.

Elles viennent entraver ma neutralité, l’empêcher.

Comment ces émotions peuvent-elles au contraire soutenir la médiation et ma posture ?

En quoi puis-je les utiliser et leur faire confiance en quelque sorte ? si elles me traversent, traversent-elles quelqu’un d’autre dans la médiation ? sont-elles partie du système dans lequel je suis, médiatrice ?

L’observateur appartient au système qu’il est entrain d’observer et fait donc partie de ce qu’il observe.

Comment aborder la notion de résonance en médiation sans rencontrer la crainte de confondre médiation et espace thérapeutique ?

Pourtant, ne résonnons-nous pas nécessairement dans toute interaction, tout échange ?  Ces « je me dis que … »-dans ma tête bien sûr – « je ressens que », ces dialogues intérieurs non avouables pour un médiateur, comment en faire bon usage plutôt que de les subir ?

Les émotions qui émergent peuvent alors prendre un sens et une fonction pour l’ensemble du système, c’est-à-dire à la fois pour le médiateur et les médiés.

Rester à l’écoute de ce qui se passe en moi, l’écoute de mes émotions, en les considérant non pas comme des interférences mais comme des alliés.

Etre à l’écoute de ce que ces messages me disent, des informations qu’ils me donnent. Pour co-construire et les utiliser plutôt que les subir.

Utiliser les émotions qui naissent en médiation, tant celles du médiateur que des médiés.

Ecouter tout d’abord les messages du corps : rythme cardiaque accéléré, tremblements, douleur au thorax, croiser les jambes, se frotter les mains … ou prononcer des phrases un peu « types ». Repérer le plus rapidement possible ces éléments, en les accueillant.

En quoi telle émotion que je subis (car dans une telle hypothèse, je le subis…) est importante pour les personnes en médiation ? en quoi cela a-t-il un rapport avec ce qui se vit pour ces personnes dans cette médiation ? en quoi cela les concerne-t-elles ?

Si on ne peut pas élucider ces réponses sur le champ, tenter d’abord une petite synthèse de ce qui est vécu depuis un moment en médiation, ou une pause et à défaut, les mettre de côté et les travailler en analyse de pratique ou en supervision…

Il ne s’agit pas de laisser nos propres projections nous envahir !

Résonance : ce que nous vivons a une utilité pour l’autre ou pour le contexte dans lequel ce sentiment émerge. Cette utilité consiste en général à renforcer l’autre dans ses croyances profondes …

Se méfier chaque fois que l’on est dans une relation d’aide et que l’on sort de sa neutralité bienveillante. Qu’elle est l’utilité pour les personnes de ce que je ressens… Est-ce que mon vécu renforce une croyance profonde ou l’aide à maintenir une armure pour ne pas oser se confronter au changement ?

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